17 février 2006
Heart in a Cage : le clip
Les clips des Strokes n’ont jamais été des beautés visuelles (oui, en fait, rares sont les clips comme ça), même si j’ai un petit faible pour celui de Reptilia. Mais voilà Heart in a Cage.
Mon avis est complètement subjectif parce que je trouve cette chanson sublime mais jugez plutôt le clip, ici en avant-première, avant de le retrouver, sans doute, sur leur site officiel. En noir et blanc, dans les rues de New York. Albert Hammond et Nick Valensi nous assènent leurs riffs de guitare avec grande classe, du haut des buildings de la ville. Nikolai Fraiture, tout aussi élégant, de blanc vêtu et Fab Moretti jouent au beau milieu d’une rue très fréquentée. Julian Casablancas, face contre terre, se fait presque marcher dessus. Et puis… bref bref, comme d’habitude, ça se passe de mots.
16 février 2006
Les Strokes sur MTV Pulse

Je vous le raconte, tant que c’est encore chaud : un concert des Strokes était rediffusé ce soir sur la chaîne de Canalsat, MTV Pulse : un concert donné aux MTV Studios de Londres, le 22 janvier. Alors là, contrairement aux concerts filmés à l’arrache, tout était bien fait : bons cadrages, belle réalisation… mais bon, soyons francs, il manquait le public. Je suis la première à m’insurger quand les cris de la foule couvrent la musique mais là… calme plat.
La set-list :
Juicebox
Hawaii
Hard to Explain
Heart in a Cage
Whatever Happened
Evening Sun
The End Has No End
Someday
You Only Live Once
Red Light
Reptilia
Bon, je suis assez Strokes-addicted, ça n’est plus à démontrer, mais objectivement, les quelques vidéos que j’ai vu des Strokes en concert, ça n’avait pas l’air très… excitant. Le mot est sans doute mal choisi, ça doit forcément être excitant de voir les Strokes en concert mais on ne peut pas nier la frustration quand on entend, joué sur scène, le même morceau, à la note près, que sur le disque. Les Strokes sont parfaits, c’est tout. Eh bien pas ce 22 janvier et j’en ai éprouvé une grande satisfaction. Déjà, un gros plan sur Nick Valensi nous l’a montré plein de sueur… attention, n’allez pas croire que c’est un de mes fantasmes, c’est seulement qu’il fait tellement son flambeur sur scène, avec tous ses soli de guitare, que c’est un peu réjouissant de penser qu’il est pas là, si tranquillement, à gratouiller son instrument… Oui, plaisir sadique, un peu. Mais que dire de Casablancas ? Terrible ! J’ai un faible pour la chanson Heart in a Cage. J’en ai déjà entendu plusieurs versions en live : tellement bien interprétés qu’à quelque détail près, on croirait du playback ! Ne vous attendez pas à ce que je descende cette interprétation-ci, en vous dévoilant qu’il chante faux : non, c’est toujours aussi parfait, sauf qu’il commence par ‘I don’t feel better when I’m stuck in a ground’… Hé ! Hé ! C’était ‘when I’m fucking around’ ! Oui, encore un plaisir sadique (et de puriste, je le concède !), mais c’est tellement rassurant de réaliser que les Strokes sont humains ! La chanson Someday en est aussi un parfait exemple : cette fois, Casablancas laisse carrément passer une phrase, puis reprend tranquillement le cours de la chanson. Et vers la fin, les mêmes paroles, mais le ton est différent : pour si peu, j’exulte ! :D
Allez, si je le regardais une deuxième fois, je pourrais vous en dire plus sur d’autres trucs qui m’ont bien plu mais à quoi bon ?^^ Il y avait leurs sourires par exemple : surtout ceux de Fab Moretti, Albert Hammond et Julian Casablancas (Nick Valensi étant caché derrière ses cheveux et la caméra ne s’étant pas vraiment attardée sur le discret Nikolaï Fraiture), qui ont un peu illuminé ma soirée, même s’ils avaient quand même l’air pressé de quitter cette salle si amorphe…
Si vous avez manqué ça, vous ne manquerez peut-être pas la rediff, dimanche 19 à 18h, pour les privilégiés qui ont Canalsat.
11 février 2006
Mon premier disque
J’ai réécouté mon premier disque ce matin.
J’imagine qu’un premier disque peut avoir une importance particulière dans une vie. Les premières fois peuvent faire cet effet. Par exemple, mon premier disque compact a été, quand j’avais neuf ans, un single
chanté par Véronique Sanson, extrait d’un live au Zénith, je crois : Seras-tu là ? Je peux me rappeler l’endroit, un grand magasin de disques en région parisienne, et je me rappelle que ma tante me l’avait acheté. Je vous avoue que j’ai une mémoire déplorable alors si je me souviens de ça, c’est que ça a dû me marquer. Mon premier CD.
Je suppose que tous les fans de musique cultivent leurs souvenirs musicaux avec nostalgie, honte, fierté ou je ne sais quoi encore. De mon côté, ça n’est pas la fierté qui m’anime au souvenir de tout ça. Je n’ai pas honte de ce CD : après tout, un morceau de Michel Berger chantée par la voix de Véronique Sanson ne peut pas être un mauvais morceau et sans doute qu’une chanson qui a ponctué votre passé de manière assez agréable ne vous laissera jamais indifférent. Pourtant, ce disque marque le début d’un long suivisme musical : j’ai aimé Véronique Sanson parce qu’une amie (de ce genre d’amitié absolues de quand on est jeune…) aimait. Puis vient tout un paquet de disques – un paquet de daubes dance/dream je sais pas trop quoi – parce que c’est la mode, parce que quand on est jeune – oui, je sais qu’il y a toujours des exceptions mais ça n’était malheureusement pas mon cas : j’étais un gentil petit mouton… – on est influençable.
Ah, le rap arrive ! Je ne vais pas non plus prétendre que je n’ai pas suivi la mode vu que mon premier single rap a été un gros tube d’Akhenaton : Bad Boys de Marseille. J’entre en 5e. Donc, une fois encore, je suis la mode. Mais peut-être qu’il y a du progrès : je n’écoute pas ce que mes copines écoutent. Attention, je suis peut-être en train de développer une personnalité ! Mon attirance pour le rap dure quatre ans, durant lesquels ma collection de disques s’étoffe – oui, je commence à avoir de l’argent de poche ! –, mes premiers albums sont donc rap, dont l’incontournable Suprême NTM et d’autres, que je réécouterais volontiers aujourd’hui, même si je suis plutôt branchée rock.
Le rock, donc. Mon premier disque rock : Mystery White Boy, un live de Jeff Buckley. Je vous épargne les détails de sa découverte, vous avouant juste qu’encore une fois, j’ai suivi. J’ai 15 ans, bientôt 16. Jeff Buckley m’a ouvert les portes du rock, moi qui, deux mois auparavant, achetais la B.O. de Taxi 2, un superbe album rap, mon dernier album rap.
Pourquoi je raconte ça ? J’en sais rien, je me suis laissée emporter. Je vous parlais de mon premier disque, des premiers disques qui ont chacun marqué une période musicale de ma vie. Les premiers comptent, alors. Je ne me souviens même pas du premier disque que j’ai acheté après ma folie Jeff Buckley. Est-ce que je me souviendrai du premier disque vinyle que je me suis acheté – First Impressions of Earth, le mois dernier ? Probablement. Pourtant, je n’avais pas réalisé un truc important : First Impressions of Earth n’est pas mon premier vinyle, il n’est que le second. Le premier s’intitule Que fera la Belle ?
et a été interprété par une certaine Anne, à la sortie du film Walt Disney, La Belle et la Bête. J’avais 8 ans. Je l’ai réécouté ce matin ; je connaissais le refrain par cœur. C’est tout ce dont je me rappelle à propos de ce disque. Je n’ai pas de souvenir d’achat – je n’arpentais pas les magasins de disque à l’époque –, je n’ai pas de souvenir d’écoute, devant la platine de mes parents. Je n’ai que ce souvenir instinctif : les paroles qui me viennent aux lèvres…
C’est bête : savoir que mon premier disque a été un vinyle m’a en quelque sorte émue. Moi qui me croyais de la génération CD, mp3… Encore aujourd’hui, on conçoit un attachement particulier pour les disques vinyles – ou est-ce seulement moi ? Pour les plus vieux, est-ce par nostalgie ? Pour les plus jeunes, est-ce par regret de n’avoir pas connu une époque capitale de l’histoire du rock ? Bref, encore une fois, je m’égare. Mon point de départ – putain, ce que je m’en suis éloigné ! – était seulement ces deux images miroir : cette fille de 21 ans qui s’extasie devant l’élégance d’un vinyle alors que cette même fille à 8 ans ne faisait que probablement chanter à tue-tête dans tout l’appartement, une cassette lui aurait tout aussi bien convenu.
Quand on est gamin, on ne s’embarrasse pas de ces conneries nostalgiques, seule la musique compte. J’étais plus intelligente à 8 ans. Mais les Strokes n’existaient pas quand j’avais 8 ans.